6 Secrets de l'Homme le Plus Riche de l'Histoire


Aujourd’hui, nous te présentons le premier milliardaire de l'histoire, fondateur de l'une des dynasties les plus prestigieuses des Etats-Unis, la plus grande compagnie pétrolière de tous les temps : la Standard Oil Compagnie.


Cet homme mythique n’est autre que John Davison Rockefeller. Son histoire résume à elle seule les transformations qui marquèrent l'économie américaine à partir de la fin du XIXe siècle, prélude à la naissance de la première puissance économique mondiale.


Dès son enfance, John D.Rockefeller se donne pour but de devenir un grand homme d'affaires, aussi quelques années plus tard, il représente la plus grosse fortune jamais accumulée par un homme avec une richesse estimée à plus de 300 milliards de dollars d’aujourd’hui.


C’est pourquoi, au travers de cette vidéo nous allons partager avec toi 6 conseils avisés de cet homme hors du commun, qui vont te permettre de constater combien certaines attitudes et certains choix peuvent s’avérer décisifs lorsqu’il s’agit d’atteindre la liberté financière et ce, peu importe ton héritage familial.

The Robber Barons: Ni Barons, ni Voleurs

L'un des mythes les plus répandus sur la liberté économique est que cela conduirait inévitablement à l'instauration de monopoles. Demandez aux gens pourquoi ils croient cela, et il y a de fortes chances qu'ils évoquent les "trusts" de la fin du 19e siècle, qui ont parvinrent à acquérir de grandes parts de marché dans leurs industries. Ces trusts constituent LA raison pour la plupart des personnes qui partagent cet avis. Demandez-leur des noms spécifiques des méchants qui ont géré ces fiducies, et ils sont susceptibles de pointer des personnes telles que Cornelius Vanderbilt et John D. Rockefeller. Ils ont même une étiquette pour Vanderbilt, Rockefeller et autres: "robber barons".


Mais une étude plus poussée des recherches économiques sur les "barons voleurs" conduit à une conclusion diamétralement opposée: les soi-disant barons voleurs ne sont ni des voleurs, ni des barons. Ils n’ont rien volé ! Au lieu de cela, ils ont obtenu leur argent à l'ancienne: ils l'ont gagné ! Ils n'étaient pas non plus des barons ! Le mot "baron" est un titre de noblesse, généralement attribué par un roi ou établi de force. En réalité, Vanderbilt, Rockefeller et beaucoup d’autres, qualifiés de barons voleurs, ont créé leur entreprise à partir de rien et n’ont jamais reçu aucun privilège particulier. En outre, non seulement ils gagnaient leur argent et ne bénéficiaient d'aucun privilège, mais en plus, ils aidaient les consommateurs en détruisant des monopoles.

Prenons le cas de Cornelius Vanderbilt (Commodore). Même l'excellent ouvrage récent "Why Nations Fail", de Daron Acemoglu, professeur d'économie au MIT, et de James A. Robinson, politologue et économiste à Harvard, donne une fausse idée de l'histoire de Vanderbilt. Ce n'est pas seulement faux, mais spectaculairement faux. Ils affirment que Vanderbilt était "l'un des barons voleurs les plus notoires" qui "visait à consolider les monopoles et à empêcher tout concurrent potentiel d'entrer sur le marché ou de faire des affaires sur un pied d'égalité".


En fait, c’est Aaron Ogden, le concurrent de Vanderbilt, qui a persuadé la législature de l’État de New York d’accorder à Ogden un monopole juridiquement contraignant sur les voyages en ferry entre New Jersey et New York. Et Vanderbilt était l’un des principaux opposants à ce monopole. À l'âge de 23 ans, Vanderbilt était devenu le directeur commercial d'un entrepreneur de ferry nommé Thomas Gibbons. L’objectif de Gibbons était de rivaliser avec Aaron Ogden en faisant payer le moins cher possible. Ce faisant, ils enfreignaient délibérément la loi et aidaient leurs passagers à économiser de l'argent. Dans l'affaire "Gibbons vs Ogden", la Cour suprême des États-Unis a statué qu'en réalité, le gouvernement de l'État de New York ne pouvait légalement accorder un monopole sur le commerce entre États1. En résumé, Cornelius Vanderbilt n'était pas un créateur de monopole dans cette affaire, mais un briseur de monopole.

Qu'en est-il de John D. Rockefeller ? Acemoglu et Robinson se trompent également. Ils écrivent qu’en 1882, Rockefeller "avait créé un monopole massif" et que, dès 1890, la Standard Oil "contrôlait 88% des flux de pétrole raffiné aux États-Unis". Analysons les faits.


Très tôt, Rockefeller a su qu’il était désavantagé par rapport à ses concurrents. Le siège de sa société était à Cleveland, à 150 miles des régions productrices de pétrole de Pennsylvanie et à 600 miles de New York et d’autres marchés de l’Est. Rockefeller a donc dû faire face à des coûts de transport plus élevés que nombre de ses concurrents. Pour compenser cet inconvénient, il a construit un pipeline pour transporter son propre pétrole et l'a utilisé pour négocier les tarifs des chemins de fer. Il a obtenu les tarifs les plus bas sous forme de rabais plutôt que de réductions de prix absolues. Pourquoi ? Je ne pense pas que les historiens économiques sachent exactement pourquoi, mais voici mon hypothèse : les chemins de fer accordent des réductions, car c’est une façon classique pour les membres d’un cartel de "tricher" sur les prix. Ils peuvent honnêtement dire aux autres clients qui n'obtiennent pas de réductions qu'ils facturent le même prix à tout le monde. Dans la mesure où cela se produisait, Rockefeller était lui-même en train de détruire un cartel de chemin de fer. Et détruire les cartels est censé être bon, pas mauvais !


Mais pourquoi les chemins de fer choisiraient-ils exclusivement Rockefeller pour obtenir des réductions ? Comme indiqué, c'était en partie à cause de sa menace crédible d'utiliser son propre pipeline. En outre, comme le notent Reksulak et Shughart, il a construit sa première raffinerie de manière stratégique dans un endroit lui permettant d'expédier du pétrole vers le lac Érié, puis vers le marché du Nord-Est. Cela, nota Reksulak et Shughart, lui permit de négocier des tarifs ferroviaires inférieurs pendant les mois d'été2. En outre, Standard Oil fournissait à ses propres frais des installations de chargement, des installations de décharge et une assurance incendie. Enfin, Standard Oil fournissait un volume important de trafic ferroviaire à des périodes prévisibles, un avantage crucial pour les chemins de fer en raison de leurs coûts fixes élevés et de leurs coûts variables faibles.


Une question que je me suis toujours posé est de savoir comment Rockefeller été parvenu à obtenir des "drawbacks" des chemins de fer. Les "drawbacks" étaient des rabais basés sur les expéditions des concurrents de Rockefeller. Reksulak et Shughart offrent une explication plausible. Ils écrivent:


"En aidant à réduire le coût moyen du transport ferroviaire de la manière que nous avons documentée, Rockefeller a conféré une externalité positive à ses concurrents, réduisant ainsi le coût moyen des compagnies de chemin de fer pour le traitement de leurs envois. Les "drawbacks" étaient un moyen pour les chemins de fer de partager ces gains avec la société qui en était responsable"3.

Un autre avantage créé par Rockefeller fu le produit lui-même. Son principal produit à l'époque était le kérosène. Le kérosène, s'il n'était pas fabriqué selon des spécifications strictes, avait une fâcheuse tendance à exploser et à tuer ou blesser ses utilisateurs. C’est peu dire, pour une entreprise qui cherche des parts de marché. Rockefeller voulait que les acheteurs sachent que son produit était sûr car il répondait à des normes de production strictes. D'où, le nom de son entreprise : Standard Oil.


La partie la plus spéculative du raisonnement ci-dessus est de savoir la raison pour laquelle Rockefeller a obtenu des rabais plutôt que des baisses de prix absolues. Mais ce qui n'est pas spéculatif, c'est de savoir comment il a élargi sa part de marché. Il l'a fait en réduisant les prix et en quadruplant presque ses ventes ! Le professeur d'économie de l'Université de Chicago, Lester Telser, dans son ouvrage de 1987 intitulé "A Theory of Efficient Cooperation and Competition" 4, indique qu'entre 1880 et 1890, la production de produits pétroliers avait augmenté de 393%, tandis que le prix avait chuté de 61%. Telser écrit: "ce n'est pas parce que le trust pétrolier détenait 90% du marché qu'il faisait payer des prix élevés. Au contraire, il a obtenu 90% du marché du pétrole raffiné parce qu'il faisait payer des prix bas". Où est le soit disant monopole ?


La situation de Vanderbilt et Rockefeller n'étaient pas non plus fruit du hasard. Si comme beaucoup de personnes croit, les trusts de la fin du XIXe siècle avaient réellement monopolisé les industries dans lesquelles elles se trouvaient, jamais elles n'auraient augmenté leur production et ainsi leurs prix auraient dû monter, à mesure que leur part de marché augmentait. En réalité, c'est l'inverse qui s'est produit !


La production augmenta drastiquement et les prix chutèrent. Thomas DiLorenzo, économiste à l'Université Loyola, a documenté ces faits lors de recherches menées dans les années 1980. Dans un article de 1985 5, DiLorenzo a révélé qu'entre 1880 et 1890, alors que le produit intérieur brut réel augmentait de 24%, la production réelle dans les industries prétendument monopolisées pour lesquelles des données étaient disponibles avait augmenté de 175%, soit sept fois plus que le taux de croissance de l'économie. Pendant ce temps, les prix dans ces industries étaient en baisse. Bien que l'indice des prix à la consommation ait chuté de 7% au cours de cette décennie, le prix de l'acier a chuté de 53%, le sucre raffiné de 22%, le plomb de 12% et le zinc de 20%. Le seul prix qui a chuté de moins de 7% dans les industries prétendument monopolisées était celui du charbon, qui est resté constant !

Pourquoi avons-nous une vision aussi déformée de l'époque des soi-disant barons voleurs ? Une des raisons est que la presse populaire à l'époque diffusa ce point de vue. Il est intéressant de noter que Ida Tarbell, la célèbre "tombeuse" de Rockefeller qui lui donna mauvaise presse6, n’était pas une observatrice désintéressée. Tôt dans sa vie, elle avait vu son père, un producteur de pétrole et raffineur, perdre face à la concurrence de Rockefeller. Son père avait prospéré et sa famille, en conséquence, jouissait d'un "luxe dont nous n'avions jamais entendu parler"7. Tout cela pris fin et Tarbell ne lui pardonna jamais.


D'ailleurs, pratiquement aucune impulsion pour les lois antitrust ne venait des consommateurs. Une grande partie des réclamations provenait de petits producteurs qui avaient été exclus de la concurrence. Ils ne voulaient pas plus de concurrence; ils en voulaient moins. DiLorenzo cite l'un des "détracteurs des trusts", le membre du Congrès, William Mason, qui a admis que les trusts étaient bonnes pour les consommateurs. Ce qu’il n’a pas aimé, c’est que, lorsque de grands trusts réduisaient les prix, les petites entreprises étaient mises à l’écart. Mason a déclaré:

"Les trusts ont rendu les produits moins chers, ont réduit les prix; mais si le prix du pétrole, par exemple, était réduit à un centime le baril, cela ne réparerait pas le tort causé à la population de ce pays par les «trusts» qui ont détruit la concurrence légitime et poussé les honnêtes gens à se lancer dans des activités commerciales légitimes"8.


En résumé, les barons voleurs, du moins ceux dont les actions ont tendance à être soulignées, n'étaient ni des voleurs ni des barons !

Mais pourquoi cela ? Pourquoi les trusts de la fin du 19ème siècle ont-ils prospéré, non pas en monopolisant mais en rivalisant avec acharnement ? C'est précisément là que se trouve la leçon d'économie. Comme le soulignait l'économiste George Stigler de l'Université de Chicago, prix Nobel d'économie en 1982, "la plupart des monopoles ou quasi-monopoles les plus importants aux États-Unis reposent sur des politiques gouvernementales" 9. Si les gouvernements ne restreignent pas l’entrée sur le marché, les profits élevés des grandes entreprises attirent de nouveaux concurrents, comme le miel attire les fourmis. Comme je l'ai dit dans le dixième de mes "Ten Pillars of Economic Wisdom"10, inspiré du même libellé de Stigler, "la concurrence est une mauvaise herbe, pas une fleur délicate".

Stigler s'est concentré sur la concurrence des prix, mais le défunt économiste autrichien Joseph Schumpeter a souligné ce qu'il considérait, à juste titre, comme une source de concurrence encore plus importante. Schumpeter a écrit:

"La réalité capitaliste, à la différence de son image de manuel, ce n’est pas ce type de concurrence qui compte, mais la concurrence du nouveau produit, de la nouvelle technologie, de la nouvelle source d’approvisionnement, du nouveau type d’organisation, concurrence qui commande un avantage décisif en termes de coût ou de qualité et qui ne frappe pas en marge des bénéfices et de la production des entreprises existantes, mais à leurs fondements et à leur vie même"11.


Le terme mémorable de Schumpeter pour ce type de compétition était "Destruction créatrice". "Créatrice" parce que le nouveau produit, la technologie, etc. créait un nouveau produit ou service et "destruction" parce qu’il détruisait l’ancien.


Pense une nouvelle fois à Rockefeller. Il a créé du kérosène plus sûr et un pipeline pour expédier son pétrole. Ce faisant, il a détruit de nombreux petits concurrents et rendu les consommateurs américains beaucoup mieux lotis. Si seulement, nous avions utiliser plus de "barons voleurs" comme lui !


Ce texte a été publié à l'origine dans "The Library of Economics and Liberty", du 4 mars 2013.

6 Secrets de l'homme le plus riche de l'histoire en vidéo

Notes de bas de page :


1. Burton W. Folsom, Jr. raconte cette histoire fascinante dans "The Myth of the Robber Barons", 6e éd. (Herndon, VA: Fondation Young America), 2010, p. 2-4.


2. La plupart des faits exposés dans ce paragraphe sont extraits de Michael Reksulak et William F. Shughart II, "Of Rebates and Drawbacks: The Standard Oil (N.J.) Company and the Railroads", Review of Industrial Organization, 2011, vol. 38, pages 267-283.


3. Reksulak et Shughart, p. 280.


4. Lester Telser, "A Theory of Efficient Cooperation and Competition". New York: Cambridge University Press, 1987.


5. Thomas DiLorenzo, "The Origins of Antitrust: An Interest-Group Perspective", International Review of Law and Economics, 1985, vol. 5, n ° 1: 73-90.


6. Ida M. Tarbell (1904). "The History of the Standard Oil Company". New York: McClure, Phillips & Co.


7. Voir "Ida Tarbell", une biographie de American Experience. PBS.org.


8. Compte rendu du Congrès, 51e Congrès, 1re session, Chambre, 20 juin 1890, p. 4100.


9. George J. Stigler, "Monopoly", dans David R. Henderson, éd., The Concise Encyclopedia of Economics, 2e éd. (Indianapolis: Liberty Fund, 2008), p. 364.


10. David R. Henderson, , "The Ten Pillars of Economic Wisdom", EconLog, 12 avril 2012.


11. Joseph A. Schumpeter, "Capitalism, Socialism and Democracy" (New York: Harper, 1975) [orig. pub. 1942], p. 84.

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