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Le Bitcoin devient un DANGER pour le système Monétaire et Financier : Il faut INTERDIRE le Bitcoin !

“Le bitcoin devient un danger pour le système monétaire et financier et pour les citoyens”. C’est le titre d’une tribune publiée vendredi dernier dans le journal le Monde, par les économistes Jean-Michel Servet et le Haut Fonctionnaire Nicolas Dufrêne.


Du coup, j’en profite pour répondre aux différentes contradictions, point par point, que j’ai pu relever dans l’article, ce qui permettra également à toutes celles et ceux qui sont intéressés par les cryptomonnaies d’avoir des éléments de réponses aux différentes questions que vous êtes susceptibles de vous poser, puisqu'apparemment, “aujourd’hui, un nouveau danger nous guetterait : la fascination pour le bitcoin, qualifié d’or numérique”.


Quelles sont donc ces contradictions et les différents mythes qui tournent autour du bitcoin ?


Est-il possible d’interdire cette cryptomonnaie ? Si oui, comment ?


C’est précisément ce que nous allons voir !


 

Table des matières :

 
1. Monnaie, transactions et bitcoin

Avant même de commencer, il me semble important de mettre en avant le fait que cet article n’est pas très objectif. Les deux économistes sont ouvertement anti-bitcoin et Nicolas Dufrêne avait d’ailleurs été particulièrement critique contre le remarquable reportage d'arte sur Satoshi Nakamoto, en qualifiant le documentaire "d’odieux et partial et de meute sectaire et insultante", les personnes éprouvant une quelconque attirance pour le bitcoin.



À titre personnel, j’ai trouvé ce reportage extrêmement intéressant, ne serait-ce que pour connaître l’origine et les fondamentaux de la cryptomonnaie.


Cela étant dit, on démarre donc l’article avec les phrases :


“Pour les deux économistes, la valeur ajoutée de cette cryptomonnaie par rapport aux moyens de paiement existants est nulle”,


ou encore,


“rappelons d’abord qu’en douze ans d’existence, il ne sert toujours qu’à un nombre infime de transactions non spéculatives”


et,


“son interface technique est de toute façon incapable de gérer plusieurs centaines de milliers de transactions de manière simultanée. S’il se voulait monnaie, le bitcoin a donc clairement échoué”.


Alors là, il s’agit ici d’une critique courante vis-à-vis du Bitcoin et pourtant, une première confusion est faite, consistant à considérer la monnaie comme un moyen de paiement. S’il est vrai qu'à priori, et c’est sans aucun doute ce qui nous semble de prime abord, le plus évident, pouvoir réaliser des transactions est un rôle essentiel, le moyen de paiement n’est qu’une des trois fonctions principales d’une monnaie.


1° En effet, son premier attribut est d’être un intermédiaire dans les échanges.


Autrement dit, et pour simplifier au maximum, je souhaite acheter du pain au boulanger, mais ce dernier ne souhaite pas échanger ses baguettes contre mes chaussures car je suis cordonnier, la seule alternative réside dans un bien intermédiaire appelé “monnaie” que les deux sont susceptibles d’accepter. On est donc bel est bien sur la fonction de moyen de paiement.


2° Ensuite, la monnaie doit également permettre l’unité de compte pour le calcul économique et la comptabilité.


C’est-à-dire la possibilité de fractionner la valeur de la monnaie, par exemple, en euros, en centimes ou dans le cas de l’or, en kilos, en once ou en grammes et ce, afin de réaliser des petites et des grosses transactions entre guillemets. Dans le cas du Bitcoin, dans la mesure où la crypto est fractionnable en satoshis, cette fonction est donc bien remplie.


Le calcul économique est toutefois complexifié dû à la forte volatilité de la crypto.


3° Finalement, la monnaie doit également être une réserve de valeur.

Et c’est précisément là que le bât blesse pour les monnaies fiduciaires que nous utilisons actuellement. Les devises telles que le dollar ou l'euro ne conservent pas leur valeur et sont pourtant des moyens de paiement. L’intérêt de l’usage du Bitcoin, c’est donc en grande partie la réserve de valeur indépendante des états et non censurable, et non nécessairement la possibilité d’effectuer des transactions.


En outre, on pourrait même dire qu’en réalité, le fait qu’un bien soit considéré comme une réserve de valeur ne le convertit pas en moyen d’échange présent, mais en moyen d’échange futur puisque comme l’expliquait l’économiste Carl Menger, il nous est possible de définir un bien comme une monnaie à partir du moment où il nous est possible de l’échanger contre ce dont nous avons besoin en assumant le moins de pertes possible, et ce, durant l’ensemble du processus d’échange. Ce processus inclut le temps de thésaurisation entre d’une part, le moment où la monnaie est acquise et d’autre part, le moment où elle est échangée.


C’est donc précisément en ce sens que l’on peut dire qu’une monnaie considérée comme une réserve de valeur est en fait un moyen d’échange futur et non présent, puisque tôt où tard, la crypto servira pour acheter autre chose.


Précisément, en vertu de la loi de Gresham qui veut que "lorsque dans un pays circulent deux monnaies dont l'une est considérée par le public comme bonne et l'autre comme mauvaise, la mauvaise monnaie chasse la bonne".


C’est-à-dire que les agents économiques préfèrent conserver, thésauriser la bonne monnaie, ici le bitcoin, et utilisent, pour payer au cours de leurs échanges, la mauvaise, dans le but de s'en défaire au plus vite, ici les monnaies fiat.


En d’autres termes, on peut clairement dire que le Bitcoin respecte les trois fonctions de la monnaie avec une légère différence dans le cas du moyen de paiement, ce qui ne l'exclut pas pour autant de la définition de monnaie.


Petite aparté, certaines personnes estiment, à tort, que le Bitcoin ne peut pas être défini comme une monnaie ou une réserve de valeur car il n'est pas stable.


Si la stabilité est une qualité d'une bonne monnaie, il ne s'agit pas en revanche d'un de ses attributs. Autrement dit, il peut tout à fait exister des monnaies qui ne sont pas stables (donc potentiellement de mauvaise qualité), sans pour autant que cette instabilité vienne remettre en question la définition de monnaie. Cette instabilité complexifiera le calcul économique mais ne remet pas en cause la définition de monnaie. Ainsi, dans le cas du Bitcoin, le calcul économique sera plus complexe, quoi qu'il existe toujours la possibilité de rendre stable la monnaie au travers d'instruments financiers du type futur, mais il s'agit bien d'une monnaie.



En ce qui concerne la volatilité et donc la réserve de valeur, il est fréquent de considérer l'or comme une réserve de valeur, pourtant le métal précieux avait drastiquement chuter suite à son pic de 1980 et de 2012. La volatilité ne remet donc pas en cause la capacité à protéger les investisseurs dans le bitcoin qui trouvent d'autres avantages à la cryptomonnaie qui viennent compenser la volatilité sur le court-terme, comme le pseudo-anonymat, l'impossibilité d'interdire sa possession, le fait de sortir du système bancaire traditionnel, la possession d'un actif non manipulé par les gouvernements, etc.


De plus, après une simple analyse historique du cours du bitcoin, n'importe qui possédant un minimum de connaissances financières et économiques est capable de se rendre compte que la volatilité du bitcoin tend à se résorber avec le temps (oui même après la chute de décembre 2021).


Une répartition de la fréquence des variations journalières au travers d'une courbe en cloche et l'analyse du graphique en échelle logarithmique plutôt qu'en échelle linéaire, permet de confirmer mes dires.



2. Bitcoin, inégalités et décentralisation

Ensuite, en se basant sur un article de Bloomberg de l’année dernière ou du site BitInfoCharts, les économistes en arrivent à la conclusion que le bitcoin n’est pas plus égalitaire ou transparent car :


“2% des comptes contrôlent 95% de tous les bitcoins. Certains s’y sont enrichis et beaucoup y ont perdu. Ces derniers peuvent-ils réclamer une indemnisation ? Certainement pas”


ou dans un des tweets de Monsieur Dufrêne,


“il est de savoir si Bitcoin est bien un réseau décentralisé, ou un réseau hyper centralisé aux mains de quelques super-riches ou d’institutions financières. La vérité est la seconde option”.



Ici, plusieurs objections peuvent être faites :


1° Premièrement, le fait que Paul ait en sa possession 5.000 bitcoins et Jacques seulement 1, je ne vois pas où est le problème, est-ce que l’on se porterait mieux si aucun des deux ne possédait de bitcoins ? À moins de considérer la richesse monétaire comme seule et unique source de richesse, il y a bien d’autres moyens d’être heureux ou de placer son argent.


L’inégalité n’est pas un problème en soit, en revanche, la pauvreté l’est et curieusement, de plus en plus d’individus où la monnaie nationale est manipulée et avilie par les gouvernements, appauvrissant massivement leur population, se tournent vers les cryptomonnaies et le bitcoin pour se protéger.



C’est d’ailleurs une des trois raisons données par le site